01.02.2010
Psychologie format poche 3 : l'effet papillon
Lors d'une précédente note, je vous avais mis en garde contre le fait de prendre des décisions sans être en état.
Je vous avais dit que la règle suivante était cruciale :
« Tu ne prendras point de grandes décisions si tu as dormi moins de 5h »
C'est vrai que c'est très important, mais ça ne suffit pas, pour avoir une vie heureuse équilibré et ne pas se mordre les doigts.
On m'a dit quand j'étais une petite fille, que grandir c'était faire des choix.
Alors moi je m'imaginais des grands choix. Par exemple, acheter une maison, se marier, choisir tel ou tel travail.
Je pensais que les choix, les décisions qui avaient des conséquences étaient ceux dont on était pleinement conscients, ceux auxquels on réfléchit longtemps. Les gros trucs quoi.
Mais en fait, pas du tout !
Il faut pas croire ça, c'est dangereux.
Ce sont les tout petits choix, ceux auxquels on ne réfléchit pas, ceux qui nous glissent des doigts qui sont les plus importants.
C'est un peu la théorie du battement d'aile d'un papillon qui provoque un ouragan à l'autre bout de la terre.
C'est ça.
Il faut donc ajouter comme règle :
« Tu ne prendras pas de petites décisions sans réfléchir »
Ça y est vous voyez exactement de quoi je parle et vous avez déjà vos propres exemples.
Lisa B: « Si j'étais arrivée à l'heure en cours, j'aurais eu le choix de ma place et je n'aurais jamais rencontré mon voisin de table, l'homme qui partage ma vie et qui a vidé notre compte commun en jouant au Black jack »
Kévin W « Si j'avais mangé du poisson plutôt que le steak haché périmé qui restait dans mon frigo, je n'aurais pas été malade, je n'aurais pas loupé mon entretien et j'aurais un travail. »
Faustine V. « Si j'avais rangé la vaisselle, je n'aurais pas cassé trois verres par mégarde, ma colocataire ne m'aurait pas brisé les jambes avec une barre de fer, je pourrais me tenir debout aujourd'hui. »
Simon M. « Si seulement, j'avais dit que j'allais me coucher et que je n'aimais pas le chocolat chaud ! »
Vincent R. « Si j'avais su dire non à mes amis, je serais allé voir un film qui aurait changé ma vie »
Jeanne L : « Si le mardi 13 octobre je m'étais levée 5 minutes plus tôt, j'aurais eu le temps de prendre le tram et j'aurais pas cassé ma jambe en vélo »
Hocine L. : « halala si j'avais pris le dernier tram on n'en serait pas là »
Petit Chaperon R. « Si j'avais écouté ma mère et que je n'avais pas parlé aux inconnus ça se serait mieux passé »
Vincent R. « Si j'avais oublié mon I-Phone lors de mes examens je ne serais jamais entré à Sciences Po ! »
Voilà les amis,
grâce à cette règle, nous pourrons éviter, les enfants non désirés, les guerres nucléaires, les embolies pulmonaires, les éruptions volcaniques, les chansons de Tokyo Hotel et les pièces de Paul Claudel.
Merci !
Jeanne
14:19 Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
12.01.2010
"Lord, I'm coming home to you !"
La radio chante « Sweet home Alabama ». Il fait chaud et j'ai mal.
Je suis sur une jambe sur une planche de cirque et il faut que je tienne en équilibre. J'ai jamais eu un bon équilibre. Je me casse la gueule tout le temps.
«Développement psycho-moteur : en voie d'acquisition » j'avais ça sur mon carnet en CP
J'ai mal à la cheville, elle est rouge, elle est brûlante.
Mais je remonte encore. Je me dis que ça doit être ça le courage.
Heureusement j'aime bien ce groupe de rock sudiste !
Je fais une pause, les jambes comme un métronome. Un cabinet de kiné.
C'est un peu cliché si je dis que ça ressemble à une salle de torture ?
Mais quand même, des espèces ceintures, des poids accrochés, des altères, des machins en fer, des trucs que je ne parviens pas à définir...
Et puis l'appareil avec les électrodes qui envoient de grands coups de jus dans ta petite cheville déjà meurtrie !
Et aussi l'appareil qui envoie de l'air à 5 degrés sur ta petite cheville déjà meurtrie !
Et les mains du kiné. « hmm vous avez le pied froid mademoiselle....! Ça fait mal si j'appuie ?»
Ahem.
et parler au kiné : « ah vous faîtes du théâtre mademoiselle ? Moi j'aime pas tout ce qui est tragédie, prise de tête, c'est pour les filles ! Par contre j'adore le boulevard, c'est bien simple je vais voir que ça, vous aimez ? »
Je regrette ma coiffeuse.
Je me dis ça sur ma planche.
« Excellent mademoiselle ! Encore 7 séances et vous pourrez danser le twist»
Vous cassez rien les copains, vous cassez rien.
16:31 Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
02.01.2010
La neige, c’est romantique (Note n°4)
Septembre.
Il ne neige pas encore. Mais la prépa n’est pas facile à vivre. Je comprends mes 13 heures de maths, 7 heures de physique et autres. Je sors dès que je peux de mon 7 mètres carré. Tu me racontes ta vie de glandeuse, on regarde un film en russe, puis tu m’expliques que ton copain ne te plait plus. Il fait chaud, et je suis content de m’éloigner de Kléber. Je t’offre une glace, et tu es folle de moi. Je rentre dans ma chambre 424, je fais des maths, je ne devine pas ce qui se passera. Et à 0h24_ « Bonne nuit ».
Mercredi matin, je suis au premier rang et j’écris mon cours de maths, en y pensant. Je collecte des preuves, essaye de comprendre des gestes et je me dis qu’il y a un truc qui cloche. Je résous une équation différentielle et je reçois 16h42_ « Tu as rien à faire, je peux passer ? ». Et tu passes. Je t’explique que cette rentrée me saoule, et que j’aime ce que je fais, que le Cuvier me manque assez, ainsi que les grandes vacances et j’ajoute que de toute façon, je m’en fous, tous deux assis sur les escaliers de Kléber. Tu m’expliques que je peux te joindre quand je veux et je te dis de même. Et je reçois 22h42_ « Tu as rien à faire, tu peux passer ? ». Et je passe. On a discuté et j’ai loupé le dernier tram. Je suis resté, on s’est embrassés, on a dormi ensemble. Tu m’as raccompagné et je suis allé en cours. On a plus ou moins redéfini les bases, mais j’aime pas les définitions formelles de choses qui ne sont pas formelles, et j’ai donc préféré établir deux règles, la première étant qu’on se dit tout, et la seconde qu’on ne se prenne pas la tête. On s’éclate et nos nouvelles vies redeviennent amusantes. Je reste persuadé que cela ne serait jamais arrivé si on n’était pas au même endroit, au même moment, et si l’on ne se connaissait pas si bien.
Octobre.
Le froid commence à se faire sentir. Je rencontre de nouvelles personnes ; l’internat fait office de nouvelle famille, on se lève ensemble, mange ensemble, bosse ensemble, rit ensemble, dort ensemble. Les cours deviennent une habitude et ça commence à devenir bien. Bien mais ca me prend un temps important, j’ai peu de temps pour moi, peu de temps pour toi, mais je fais de mon mieux. Quant à toi, la fac te pèse moins que ta jambe, et tu le dis toi-même, si tu ne fais que ça, tu t’ennuies. Tu vis chez ta sœur et on se voit moins. On se voit moins et j’ai peu de temps. Notre histoire correspond à une période de ta vie pourrie et à une période de la mienne occupée. Mais on s’amuse. Et je t’envoie 3h31_ « Love you ».
Novembre.
Il neige un peu. J’ai de nouveaux amis. Dans la continuité du mois d’Octobre, j’ai peu de temps et toi, tu n’es pas au mieux de ta forme. Mais on rigole. Et je reçois 23h11_ « je t’aime ».
Decembre.
Il neige à Strasbourg. Ta jambe n’est plus cassée, et je commence à mieux gérer mon temps. Mon trimestre scolaire s’est plutôt bien passé, comme toujours et je suis content de moi. J’ai eu l’option que je voulais, me suis habitué à ma nouvelle vie, à ma chambre, à mes colocataires internes. Et à toi. Tu n’as pas l’air motivée et tu enfreins la seconde règle de septembre. Et c’est à ce moment précis que c’est la fin, même si ce n’est pas officiel. Parce que quand on commence à se prendre la tête, ca ne va jamais dans la bonne direction. Parce que si le but du jeu est de s’amuser, alors se prendre la tête, c’est perdre. Donc, échec. C’est mercredi et je vais en maths. Je suis au premier rang et j’écris mon cours de maths, en y pensant. Je collecte des preuves, essaye de comprendre des gestes et je me dis qu’il y a un truc qui cloche. Je ne dis rien comme toujours mais je me doute que la première règle n’est pas respectée. Le trimestre est clos et notre relation aussi. Il neige et tu me dis que tu préférerais que ce soit fini, et m’explique rapidement pourquoi.
Je m’énerve pas et dis que je m’en fous. Tu ne me dis pas tout, te prends la tête et me prends la tête en me mentant. Mais je m’en fous, et je passe au-dessus de tout ça. Ce qui est passé est passé. Je ne suis pas rancunier, ni follement attaché. Je prends du recul et tends l’autre joue.
Un jour avant la Saint-Sylvestre, je fais des maths. Et j’y pense. Je collecte des preuves, essaye de comprendre des gestes et je me dis qu’il y a un truc qui cloche. Mais cette fois, je dis rien mais je compte bien te le faire comprendre.
Saint-Sylvestre.
Nous sommes à Médière et j’établis une chronologie, je te fais jouer et je rigole innocemment, avec mes lunettes d’extraterrestre. La soirée fut géniale et on a tous passé un excellent moment. Tu me regardes et je sais précisément où ca nous mènera. Et j’avais raison. Ma chemise s’ouvre peu à peu et
à 5h36, je décide de ce que je ferai du premier jour de 2010. J’accepte ton invitation et je passe chez toi.
Premier-Janvier-Deux-Mille-Dix.
Ce jour, je n’en dirai rien. Pas parce que j’en ai honte ou parce qu’on a quelque chose à cacher. Mais je ne publierai rien de particulier dessus, parce que ce jour nous appartient. Il est 18H et nous marchons une heure dans un exceptionnel froid. Il neige, il neige vraiment beaucoup. Tu tiens mon cactus et je tiens le parapluie, et c’est beaucoup trop fleur bleue pour moi, pour toi ? Et c’est ainsi que commence l’année 2010. Personne ne dira le contraire : c’est romantique la neige.
Point point point (ou pour toi: “Talium talium talium”). C’est vraiment romantique la neige.
Le soir même, tu as avoué sans même le savoir.
Hocine.
16:52 Publié dans La neige, c'est romantique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
31.12.2009
2009
J'ai commencé par faire la fête.
Puis, je me suis endormie sur de solides tibias
Je me suis fait quitter
J'ai pleuré
J'ai chanté (faux et fort) sur mon ukulele
J'ai dit « sauf à la Sorbonne »
J'ai couru dans les bois
J'ai fait trop de physique-chimie
J'ai écouté les Kinks les jours de gloire
Je suis arrivée en retard
Je suis allée au Québec
J'ai vécu un -30°
J'ai mangé de la Poutine
J'ai rencontré l'amour d'Alice
J'ai bu du thé après le lycée
J'ai essayé de réfléchir au Beau au Bon au Vrai
Je suis allée à Paris
Je me suis mise en colère
J'ai embrassé devant les portes
J'ai été un peu « oléolé »
Je me suis bien marrée
J'ai perdu un parapluie, 2 paires de gants, ma carte culture, 10 euros, 3 paires de boucles d'oreilles et ma carte de cantine.
Je me suis ennuyée
J'ai bu trop de café
Je me suis pris la tête
J'ai adoré joué les soldats brechtiens
J'ai parlé des heures avec Hocine
J'ai fait des muffins à la framboise
Je n'ai pas su utiliser un oscilloscope
J'ai envoyé des milliers de sms
J'ai été jalouse
J'ai plié les draps avec ma mère
Je suis devenue une addict à facebook
J'ai raté le train
J'ai gagné un ami
J'ai eu 18 ans
J'ai révisé pour mon bac
J'ai passé mon bac
J'ai eu mon bac
J'ai fait la fête
J'ai raté mon permis
J'ai travaillé pour de vrai
Je me suis disputée avec Alice
Je me suis aussi disputée avec Anna
J'ai écouté Coming soon les jours de bataille
Je me suis perdue à Marseille, Héricourt, Belfort, Lyon, Valence, Montréal et Québec
J'ai mangé des crêpes à 2h du matin
Je suis allée au cinéma, mais pas assez
Je suis allée à Avignon
Je suis allée au théâtre
J'ai eu peur
J'ai déménagé
J'ai écouté Cat Power, les Velvet les jours de gris
J'ai plié les draps avec maman
J'ai appris la vie à deux
J'ai quitté
J'ai été lâche
J'ai fait raté le tram à Hocine
Je me suis cassée un os
J'ai eu mal
J'ai appris à marcher avec des béquilles
Je me suis fait vacciner
Je suis allée au conservatoire
J'ai aimé
Je suis entrée au conservatoire
Je suis allée à la fac
J'ai bien aimé
J'ai rencontré des gens bien
J'ai donné mon vélo bleu
J'ai fait la fête
J'ai bu un chocolat à 4h du matin
J'ai quitté
Je me suis disputée
J'ai été pénible
Et finalement,
Je n'ai pas fini le Soulier de satin
Jeanne
A l'année prochaine !
11:50 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note

