13.11.2009
Le meilleur est à venir
Novembre.
Si tu survis au gris, aux doigts qui gèlent sur les béquilles et à la nuit en sortant de l'amphi.
Si tu résistes aux journées de 7h, aux colles de 20h et aux nuits de 4h.
Si tu résistes aux réveils seuls, le bout du nez gelé et les jambes engourdies.
Tu auras réussi
Les dimanches seul au réveil dans ta petite chambre jaune, les pannes d'ascenseur, et celles de candyup
Je ne peux pas dire que tu seras un homme, ni une femme. Mais t'auras fait un truc.
Si tu dépasses l'ennui à regarder la nuit qui tombe, la boule dans la gorge, la fièvre du vendredi matin, le lion et le moucheron.
Si tu t'en fous de la compétition,de la douleur, de l'effort, du manque de motivation.
Si tu survis à la grippe, à toutes celles qui passent
Si tu survis au DS de maths et au partiel d'art chorégraphique, au sandwich végétarien, aux douche froides, au manque de sommeil.
Ta vie sera belle, tu sais.
Tu auras Centrale. Tu auras le TNS et même le Conservatoire de Paris. Tu auras Polytechnique et tu n'iras pas parce que tu ne veux pas faire la guerre, tu préfères les Sunday.
Et puis tu viendras, il ne pourra rien nous arriver là où on sera, il fera chaud, comme toujours chez moi, on s'assiéra, on parlera un peu de tout ça, et puis voilà, ce sera bien ce qui arrivera.
Jeanne
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03.11.2009
pour la postérité
21:31 Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
24.10.2009
Perrette sur sa tête ayant un pot au lait prétendait arriver sans encombre à la ville...
7h30, tram ou vélo ? Il fait frais mais je veux faire des économies, je sors mon vélo bleu cliquant de la cour. J'écoute « on my way ». J'aime bien rouler sur les quais. Un quart d'heure après je suis à la fac, parée pour la danse.
15h30, fatiguée je vais chercher mon vélo, il faudra que je pense à me racheter un panier et surtout des gants, une copine m'accompagne sur le chemin, puis tourne à droite.
A 18h, je vais faire une audition, pour La Double Inconstance. Elle a lieu dans ma rue, je ne l'ai dit à personne et me suis décidée il y a une heure. Je roule du mauvais côté mais tout le monde fait ça parce qu'il y a trop de monde de l'autre côté.
À 10m de chez moi je traverse pour aller sur le bon trottoir, et tout d'un coup je sais pas ce qui se passe.
Je crois que je crie, je suis sûre d'avoir entendue crac. J'ai mon vélo à ma gauche, je pleure comme une gamine, j'ai mal à la cheville.
Je vois trois monsieurs qui courent vers moi. Un jeune avec une clope à la main, un plus vieux qui se précipite et un autre auquel je ne fais pas attention.
Le vieux me demande si ça va, où j'ai mal, je lui montre ma cheville droite,bien sûr que je lui permets d'enlever ma chaussure, ma chaussette, il peut tout enlever si il veut si j'ai moins mal après. Le jeune veut appeler les pompiers. Je dis « naon, pas la peine » je m'imagine que je me suis juste tordu un peu la cheville, une tisane et demain je gambade.
J'appelle Anna, mes trois compères me portent jusqu'à un café où je l'attends. Je tourne un peu quand je vois ma cheville qui gonfle, je pleure beaucoup, j'ai mal. Je ne suis pas très brave.
Je pense à Perrette et à son pot au lait, dans la fable elle saute mais il n'y a que le pot qui se casse pas la laitière.
Je reçois un sms d'Hocine qui me dit qu'il a réussi son DS, je pleure un peu encore. Et je ne réponds pas.
J'appelle maman qui me dit que c'est pas grave une entorse.
Anna arrive et m'emmène aux urgences, je suis dans un fauteuil roulant je trouve ça impressionnant. Ça fait incurable.
On m'emmène en pédiatrie et on me fait des radios de ma jambe et de ma cheville,j'attends j'ai mal.
Je vois les radios, je me dis que si c'est ça ma beauté intérieure je suis très laide.
J'ai mal.
J'attends le diagnostique : fracture du péroné et arrachement d'un tendon. Ça fait peur, du coup je pleure de nouveau, je suis vraiment une fillette
Je savais pas où était le péroné, j'imaginais ça dans le bras.
La dame en blanc me plâtre c'est tout chaud, mais ça tire. Piqure contre la phlébite et prises de sang.
Les quatre étages de notre petit appartement me paraissent une montagne, Anna me propose de rester chez elle.
J'ai faim, je pleure encore un peu, je vous ai dit que j'étais pas brave.
Mais comme dit Hocine il faut relativiser, avec le recul on arrive à tout.
Et surtout
Marivaux, il sert à rien.
Jeanne
17:40 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
11.10.2009
Psychologie format poche 2 : étude de rêve
A lire en écoutant Alabama Song, la version des Doors, c'est bien plus flippant et ça compense les faiblesses de mon style.
Je ne rêve jamais. Ou alors très peu, très rarement. Ou je ne m'en souviens plus, où il ne sentait pas bon.
C'était vendredi.. Faustine était rentrée chez ses parents en train dans l'après midi.
Hocine était venu manger des pâtes avec de la sauce tomate et du gruyère râpé. Je l'ai raccompagné. Et on s'est aperçu qu'on m'avait volé mon panier. Il s'est moqué de moi. En revenant chez moi, j'ai marché dans une crotte.
Je suis remontée, j'ai lu Woyzeck, un peu. Je ne comprends pas Woyzeck, j'ai beaucoup de mal. Je me suis endormie d'un lourd sommeil. Le genre qui nous font nous endormir la bouche ouverte.
Et c'est là que ça a commencé.
Alabama song en fond sonore dans ma tête
Je me réveille chez mes parents dans mon lit. il y a tout plein d'affiches au mur, je suis très très fatiguée. Je me lève quand même et je souris. Et là une dent tombe. Je me dis que merde, j'ai pas perdu toutes mes dents de lait.
Le première chose qui me vient à l'esprit c'est que merde il ne m'accepteront jamais au conservatoire avec une dent en moins ! Je ne pourrai jamais faire de théâtre avec un trou dans ma dentition. Je pourrai jamais jouer Electre sans cette belle dent de devant.
Affolée je vais voir mon papa qui est bien sûr là et ne s'étonne de rien. Il me propose de me faire coller une fausse dent. Du coup, je vais chez le dentiste. Il est super beau et je ne m'étonne même pas de la ressemblance avec mon prof de théâtre de la fac. Il me recolle la dent, ça ne fait pas mal du tout. Je me regarde de nouveau dans le miroir et je rentre chez moi. Je suis bien contente
Un peu plus tard, une autre dent tombe, puis deux, puis trois. Et c'est bientôt plus de la moitié de ma dentition qui dégringole et se retrouve sur le parquet.
Je n'arrive plus à parler correctement, on se moque de moi.
J'ai l'impression que j'ai 700 dents qui tombent, elle tombent sans arrêt.
Je ne sais pas ce qui m'a fait me réveiller en sursaut, sur mon lit à Strasbourg, sous ma couette verte. Je passe ma langue sur toutes mes dents, une par une, en les comptant, scrupuleusement, pour être sûre.
Je suis rassurée. Je profite de toute ma dentition, je vais manger un steak aujourd'hui.
Je réfléchis à ce que ça veut dire, qu'en dirait Sigmund ?
Perdre une dent ? D'après une fille de la fac je vais perdre quelqu'un de très proche. Une autre me dit que je n'ai pas confiance en moi. Un autre prétend que j'ai mangé trop de choses liquides. Hocine pense que je suis un peu flippée par le conservatoire et que je suis amoureuse de mon prof. Je lui ai bien dit que c'était trop linéaire comme interprétation et qu'il fallait peut être aller plus loin. Faustine se dit que c'est hormonal. Et internet me dit que c'est sexuel, un truc genre peur de la castration...je ne sais pas ce qui est pire
Du coup je ne dors plus. Et Jim Morrison me fait peur.
Jeanne
20:39 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note

