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05.05.2008

Bribes de gare

J’adore la gare, c’est l’endroit où l’on peut faire l’étude sociologique la plus complète. J’attendais mon train il faisait beau. Je suis donc aller sur le quai. J’étais en train relire ma leçon sur « les espaces de production en France » pendant que sur le quai en face, se déroulait une conversation fort instructive.

Je voyais une vieille femme grande et sèche avec une veste droite et des boutons dorés par la lumière. Elle avait cet air pincée de certaines petite vieille qui se croit vénérable. Celle-ci parlait avec une petite femme d’une cinquantaine d’années au sourire figé. Malgré les rails qui nous séparaient j’entendais distinctement leur conversation tellement la vieille parlait fort. Elle disait "....aujourd’hui les jeunes c’est plus comme avant. Avant les enfants avait leur monde à eux, et les adultes le leur. Et c’était très bien comme ça. Les enfants ne se souciait pas des problèmes d’adultes. Les jeunes travaillaient beaucoup plus ! Ils ne sortaient pas comme maintenant ! Moi je ne sortais que très rarement, parfois j’allais au théâtre avec mes parents. Et pas question d’avoir un petit ami même si j’étais jolie autrefois » J’ai pensé qu’il était rare que l’on n’est pas été jolie autrefois… 

« Mes parents me surveillaient et c’était pas si mal que l’on croit ! Parce que ma sœur… » là je n’ai pas entendu elle parlait tout bas  « Moi je pense que c’est ce qu’il leur faudrait à tout ces jeunes, parce que maintenant y’a vraiment des débordements. Ha ! Quand je vois mes petites filles entre la télévision et leurs autres engins ! Nous au moins on avait le scoutisme ! Ca, ça forge un caractère et éduque les enfants » je ne pu m’empêcher d’imaginer la vieille à 10 ans en train d’en chier pour planter une tente. « Mais hélas, tout ça n’a pas duré, il y a eu mai 68… » les deux ricanaient d'un air entendu.

Je n’arrivais plus à me concentrer et je voulais faire chier la vieille alors j’ai rangé ma géo et sorti « Charlie hebdo ». C’est peut-être pas révolutionnaire comme geste mais je crois qu’elle a froncé les sourcils au moment elle a vu la couverture jaune citron. «  Et ce train qui a ENCORE du retard… » je ne sais pas si elle a traité les cheminots de fainéants mais c’est vrai que 10 minutes de retard c’est insoutenable…La petite cinquantenaire affirmait tout ce qu’elle disait, j’espérais que c’était une aide à domicile qui s’occupait d’une vieille…folle et qui ne voulait pas la contrarier. Leur train est arrivé, elles s’est engouffrée  tout en parlant avec l’autre, je la voyais à travers les vitres sales du TER avec son horrible veste, elles est partie comme ça avec ses belles années avec elle, cette vieille conne.