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29.08.2009
"Through the endless doubt" Tunng
A défaut de parler cuisine comme l’a suggéré la patronne dans sa dernière note, et parce que je ne suis pas très « cuisine » et pas très « cochon », parlons rentrée et avenir.
Cette rentrée est particulière. Les années précédentes, lorsque je parlais de rentrée, je me faisais systématiquement huer : « la rentrée, ca craint ! », « je regrette déjà les vacances », «chuuttt, il reste encore 2 jours de vacances ». Mais pas cette fois.
Parce que cette fois, c’est différent. On rigole plus. Finie cette connerie qu’est le bac, enfin les choses sérieuses : la sup’. Cette rentrée inspire pour beaucoup impatience et excitation. Et beaucoup apprécient l’arrivée de cette rentrée. La première raison étant que l’on quitte chez soi, on meuble son appart’, on prépare son « nouveau monde », un agréable vent d’indépendance qui souffle. Mener sa vie « chez soi » et plus chez ses parents. La deuxième raison (qui concerne tout le monde cette fois, vu que certains ne bougent pas de chez eux), « la division sociale du travail ». Si le lycée représente l’enseignement général, le supérieur, c’est la spécialisation. Et ca veut dire concrètement qu’on travaille enfin ce qu’on aime. Et ca, c’est pas négligeable.
L’impatience et l’excitation masquent à peine les petits points amers de cette rentrée. J’hyperbole peut-être en disant que je suis actuellement entre 2 mondes. Celui dans lequel j’ai vécu et celui dans lequel je vivrai.
Celui dans lequel j’ai vécu, c'est-à-dire mes 3 fantastiques années de lycée. 3 années de fêtes et de délires en tout genre, de rencontres, de cours plus ou moins intéressant mais toujours au sein d’une bonne ambiance. 3 années où je me suis fait des dizaines d’amis, plus ou moins proches. Bon, n’idéalisons rien. Le Cuvier, c’est aussi des réveils durs, notamment les douloureux samedi matin de TP. Tout ce qui s’est passé n’a pas toujours été rose, mais quand même. 3 fantastiques années de lycée. Evidemment, j’ai compris l’ampleur de ce qui m’arrivait pendant que je le vivais, riant plus que je n’ai travaillé en cours cette année par exemple. Mais avec du recul, maintenant que c’est officiellement et définitivement clos, je me rends compte d’autant plus que ce qui nous est arrivé est incroyable.
Celui dans lequel je vivrai, c'est-à-dire mes prochaines années en tant que taupin (comprendre « étudiant en classe préparatoire scientifique »). Ce sera surement difficile, physiquement et moralement, et je travaillerai certainement plus que je rirai en cours, mais peu importe. J’aurai des coups de barre, mais sachant ce qui m’arrivera, je ne serai pas malheureux. Je prendrai tout ce qui me tombera sur la tête avec philosophie et je finirai par rire de mes propres difficultés. Le recul est la clé du bonheur. J’aurai forcément une vie sociale et je découvrirai d’autres personnes. Le lien avec le premier monde est sacrément faible. A 200 km et tous étant dispatchés, tous ayant de nouvelles vies, on vivra avec d’autres. On ne pourra pas tous être à 7H40 devant le lycée à notre endroit habituel, on ne pourra pas jouer au tarot sur les bancs du lycée, mais ca n’a pas d’importance. On sera heureux dans nos petits nouveaux mondes en formation, même si on a du mal à le concevoir aujourd’hui, se disant que tout est fini pour nous tous et qu’on se retrouvera seuls. De toute façon, on est obligé de partir ; mais je suis persuadé que ce sera bien. Différent mais bien.
Je suppose sans preuves réelles que tout se passera bien. Si ca se trouve, ca craindra. Ce qu’on fera ne nous plaira pas, ce sera invivable et lourd. Il y a peu de chances que cela arrive étant donné que l’Homme possède une incroyable capacité à s’adapter à toute situation mais celle qu’on avait était confortable et celle qu’on aura est incertaine. Le plus inquiétant, c’est aujourd’hui. Cette transition où l’on se retrouve seul, disant au revoir à tous les amis lycée, restant seuls. On est comme dans l’antichambre du doute ; entre excitation, impatience et inquiétude presque invisible.
Et on se reverra ou pas, mais quoi qu’il en soit, ce ne sera plus jamais comme avant. Après tout, il n’y a pas de quoi être triste. Merci à ceux qui tiennent à moi et à qui je tiens donc, pour les bons moments passés, bonne chance à vous, bonne nouvelle vie, et donnez de vos bonnes nouvelles.
Hocine.
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