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24.10.2009
Perrette sur sa tête ayant un pot au lait prétendait arriver sans encombre à la ville...
7h30, tram ou vélo ? Il fait frais mais je veux faire des économies, je sors mon vélo bleu cliquant de la cour. J'écoute « on my way ». J'aime bien rouler sur les quais. Un quart d'heure après je suis à la fac, parée pour la danse.
15h30, fatiguée je vais chercher mon vélo, il faudra que je pense à me racheter un panier et surtout des gants, une copine m'accompagne sur le chemin, puis tourne à droite.
A 18h, je vais faire une audition, pour La Double Inconstance. Elle a lieu dans ma rue, je ne l'ai dit à personne et me suis décidée il y a une heure. Je roule du mauvais côté mais tout le monde fait ça parce qu'il y a trop de monde de l'autre côté.
À 10m de chez moi je traverse pour aller sur le bon trottoir, et tout d'un coup je sais pas ce qui se passe.
Je crois que je crie, je suis sûre d'avoir entendue crac. J'ai mon vélo à ma gauche, je pleure comme une gamine, j'ai mal à la cheville.
Je vois trois monsieurs qui courent vers moi. Un jeune avec une clope à la main, un plus vieux qui se précipite et un autre auquel je ne fais pas attention.
Le vieux me demande si ça va, où j'ai mal, je lui montre ma cheville droite,bien sûr que je lui permets d'enlever ma chaussure, ma chaussette, il peut tout enlever si il veut si j'ai moins mal après. Le jeune veut appeler les pompiers. Je dis « naon, pas la peine » je m'imagine que je me suis juste tordu un peu la cheville, une tisane et demain je gambade.
J'appelle Anna, mes trois compères me portent jusqu'à un café où je l'attends. Je tourne un peu quand je vois ma cheville qui gonfle, je pleure beaucoup, j'ai mal. Je ne suis pas très brave.
Je pense à Perrette et à son pot au lait, dans la fable elle saute mais il n'y a que le pot qui se casse pas la laitière.
Je reçois un sms d'Hocine qui me dit qu'il a réussi son DS, je pleure un peu encore. Et je ne réponds pas.
J'appelle maman qui me dit que c'est pas grave une entorse.
Anna arrive et m'emmène aux urgences, je suis dans un fauteuil roulant je trouve ça impressionnant. Ça fait incurable.
On m'emmène en pédiatrie et on me fait des radios de ma jambe et de ma cheville,j'attends j'ai mal.
Je vois les radios, je me dis que si c'est ça ma beauté intérieure je suis très laide.
J'ai mal.
J'attends le diagnostique : fracture du péroné et arrachement d'un tendon. Ça fait peur, du coup je pleure de nouveau, je suis vraiment une fillette
Je savais pas où était le péroné, j'imaginais ça dans le bras.
La dame en blanc me plâtre c'est tout chaud, mais ça tire. Piqure contre la phlébite et prises de sang.
Les quatre étages de notre petit appartement me paraissent une montagne, Anna me propose de rester chez elle.
J'ai faim, je pleure encore un peu, je vous ai dit que j'étais pas brave.
Mais comme dit Hocine il faut relativiser, avec le recul on arrive à tout.
Et surtout
Marivaux, il sert à rien.
Jeanne
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