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22.12.2009

Du temps où je m'habillais chez Verbaudet

Du temps où je m'habillais chez Verbaudet

 

Noël, c'était quelque chose.

Mes parents nous ont élevés mes grandes sœurs et moi dans la plus profonde laïcité, pas de petits jésus, pas de crèche sous le sapin, pas d'angelots sur le sapin.

 

Mais par contre, on avait la maison du père Noël !

On achetait fin novembre le dernier numéro de « Toboggan » qui offrait un kit pour construire sa maison du père Noël avec les lutins, les cadeaux, les sapins, tout ça.

J'aimais bien. Il y avait des « patrons », des trucs à plier, à coller. J'avais quand même un peu de mal. Les doigts pleins de colle, mes cadeaux n'étaient pas des pavés droits.

Je pense que c'est à ce moment là que l'on sait rendu compte que si je devais m'exprimer artistiquement ce ne serait pas avec les arts plastiques.

En gros, j'étais pas très douée.

Mais ma maman m'aime beaucoup, et m'aidait bien.

 

Il y avait aussi le calendrier de l'avent.

Nous en avions un toutes les trois. Ma maman les accrochait en fonction de nos tailles et planquait celui d'Anna, parce qu'avoir un calendrier à son âge c'était la loose. Le chocolat était carré et sûrement bourré de conservateur. Mais c'était chouette.

 

 

Il y avait aussi, le montage de sapin, avec l'odeur, les épines. On faisait aussi des gâteaux en forme d'étoiles avec du beurre dedans.

Et la traditionnelle sieste avant la fête. Anna, Alice et moi on filait dans une chambre pour se reposer. Mais on arrivait bien entendu pas à dormir!

On parlait souvent. Et puis je regardais le plafond. Les fissures, les moulures devenaient des bêtes fabuleuses. Je me racontais des histoires en regardant le vieux plafond. Il y avait aussi les ombres, quand une sœur bougeait, quand le vent faisait bouger les volets, quand le soleil tapait sur la fenêtre, le soleil bien froid de décembre.

Je n'arrivais jamais à dormir.

 

C'était bien après, on se faisait belles. Maman m'avait acheté une robe, souvent qui brille, Anna me coiffait avec des tas de petites pinces partout.

C'était chouette.

 

Je m'habille plus chez Verbaudet, c'est bien dommage.

Ça fait très longtemps que je ne me suis pas confrontée à la construction d'une maison de Père Noël. Je ne sais même pas si ça existe encore.

Cette année, j'avais un calendrier milka, il était délicieux, je l'ai terminé 3 jours avant.

Le sapin a rétréci mais sent toujours aussi bon.

Et puis je regarde toujours les ombres qui gigotent et les fissures du plafond en me racontant des histoires.

Mais maintenant j'ai les cheveux courts et je suis bien trop frileuse pour mettre des robes en décembre.

22.10.2008

Du temps où je lisais avec Ratus

 

 

C’était du temps où je regardais « qui est qui » avec Alice en attendant maman le soir.

J’avais 6ans ou peut-être 7,  des cheveux longs et blonds et les « rondeurs de l’enfance ».

J’étais plutôt mignonne, enfin comme une gamine de 6ans ou peut-être 7.

 

 

 .....

 

 

 

Ma meilleure amie c’est Emilie,  (plus pour longtemps mais je ne le savais pas encore) elle est dans ma classe depuis la deuxième année de maternelle. Je lui dis tout. Je lui ai dit que j’étais amoureuse de Pierre-André l’année dernière. Mais maintenant c’est fini, depuis qu’il m’a dit que la petite souris n’existait pas. En plus on est toutes amoureuses de lui. Mais c’est normal, c’ est le plus beau

 

Ce jour-là, il fait beau, je descends les marches et là Damien arrive. Damien, je ne lui parle jamais. Il fait parti des garçons qui jouent aux pogs et moi j’aime pas les pogs. Damien s’approche de moi avec le T.Shirt « coupe du monde 98 ». Il me donne un papier, une vieille feuille pliée en quatre

Surprise, je l’ouvre :

 

 

 

« Je te trouve belle. Tu veux être mon amoureuse ?

  • Oui                                           
  •  Non

 J’ai trouvé ce chouchou il est pour toi. »

 

 

 

Le mot est accompagné d’un élastique à cheveux vaguement rose, un de ceux qui tire. Maman ne m’en achète jamais des comme ça parce il me font mal.

 

Mon premier QCM

Je crois que c’est à ce moment de l’histoire que

 

Je suis toute rouge.

 

 

J’ai honte alors je cours vers Emilie et je lui montre la lettre. Elle rigole avec moi. On se moque de ce pauvre Damien. Elle me conseille, ce soir en rentrant chez moi, de lui gribouiller sa lettre. Prendre pleins de feutres et lui massacrer tout ça à coups de ratures et de grands et affreux traits d’encres. Puis de lui rendre le lendemain.

On écoute toujours sa meilleure amie, surtout quand on a 6ans ou peut-être 7…

 

Dans la petite pièce à côté du salon je commets mon forfait, tremblante et effrayée à l’idée que l’on croit que je puisse avoir un amoureux !

 

Quand je lui rends, je suis aussi rouge que la veille

J’ai honte et je fais bien.

 

 

 

 ......

 

 

 

 

Je t'ai vu arriver dans le reflet de la vitre du train, c'est comme si tout à coup il y' avait une odeur de colle

vinylique blanche. Tu avais avec le regard du « je l’ai déjà vue quelque part, mais où ? ».

 Moi je me souviens.

Ne m’en veux pas Damien.

J’avais seulement 6 ans ou peut-être 7.

 

 

 

 

Jeanne

 

 

14.09.2008

Du temps où on adorait les Hanson et leur look androgyne, même si on ne savait pas ce que ça voulait dire

 

Un samedi après-midi, j’ai 6 ans. Alice, 10 ans lit le journal de Spirou dans le fauteuil élimé du salon, ses jambes frêles repliées sous elle. Anna travaille dans son bureau. En y repensant je crois qu’elle a un look un peu grunge. Elle porte des chemises trop grandes avec des vieux jeans. Les années 90, niveau vestimentaire c’est limité…

Mes parents ne sont pas là et je ne me souviens plus du tout pourquoi. En tout cas je m’ennuye. J’ai lu depuis longtemps mes deux pages de lectures réglementaires. J’en ai même lu quatre ! J’adore Ratus. Je ne veux pas jouer au Pollypocket, il faut ranger après. Y’a ma poupée Léa (en fait sur la boîte elle s’appelait Gabrielle, mais je trouvais ce prénom très laid) ou alors mon nounours qui s’appelle nounours par manque d’inspiration. Mais en fait, j’ai un projet beaucoup plus ambitieux pour ce samedi après-midi maussade…je veux jouer avec Anna, l’empêcher de bosser jusqu’à ce qu’elle craque et accepte de faire les indiens playmobils, moi j’ai toujours préféré les cowboys.

 

Je mets mes chaussons taille 27 je rentre à pas de loup dans le bureau où elle travaille. J’ai mon sourire « je suis un personnage de Peter Pan, je suis gentille, je sens bon, je ne te veux que du bien ». Ce sourire je comprenais déjà très bien qu’il pouvait m’être utile. Et effectivement, Anna me rend un sourire un peu désolé en me disant qu’elle révise son interro sur des  « Thés aux Rem ». Je lui dis avec un air sérieux que il est trop tôt pour le goûter et je ferme la porte. Pendant ce temps là Alice lis « Pierre Tombal »

Je n’allais pas en rester là, quelques minutes plus tard j’y retourne. Elle ne sourit plus et me congédie avec un regard noir qu’elle surligne parfois avec de l’Eye Liner (même si Maman est contre)

Au bout de ma quatrième tentative, elle me menace : « si tu reviens, je t’enferme dans le congélateur  .»

 

Ce genre de menace, même à six ans, ça surprend. Moi je n’y crois pas du tout. Le congélateur est dans la cave, il faut qu’elle me porte et qu’elle me mette dans un contenant rempli de glaces, frites et steaks hachés ? Je veux savoir comment elle compte s’y prendre. Pendant ce temps Alice lit « Les femmes en blanc ».

Cinquième tentative, la dernière. Anna est fâchée, elle pose son stylo plume, elle m’attrape, me porte comme un sac de patates. Elle traverse la maison avec sa frangine sur le dos. Tiens Alice se lève, elle rit en voyant la scène ou alors c’est peut être à cause du gag du « Ptit Spirou » ? Anna ouvre habilement la porte de la cave, moi je ris tellement que j’en ai mal au ventre. C’est la chevauchée fantastique ! J’ai la croupe à l’envers, je mange mes boucles, je perds mes chaussons, enfin on s’amuse ! On arrive dans la cave, Anna ouvre le congélateur, c’est tout blanc et glacé dedans. Elle me tient juste au dessus, dans ses bras. Je sens le souffle froid des glaçons pénétrer sous mon T.Shirt. Elle me dit « Je vais le faire », « pas cap’ ! », elle se baisse un peu et là je touche les glaçons et je ris aux éclats. Je lui dis qu’elle gagné. Elle me dépose sur le sol et sors de la cave. Elle ferme la porte et éteins la lumière. Ca c’est pas cool. Elle est juste derrière je l’entends. Je lui affirme qu’elle peut me laisser là si elle veut, je le dirai à maman ! De toute façon j’ai de quoi manger y’a des frites dans le congèl’ ! Je n’aime pas quand il fait noir et malgré mon orgueil, je lui dis.

Elle m’ouvre parce qu’elle malgré sa poitrine croissante, ses posters des All Saints et ses Dock Martens elle a eu 6 ans aussi.

 

Et pendant ce temps Alice lit « Natacha ».

 

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Jeanne

24.08.2008

Diabète

C’était du temps où l’on mangeait des BN à 10h, du temps où l’on était encore que des enfants. Du temps où je voulais être pilote d’avion, où je détestais les piqûres, du temps où je vivais en Guadeloupe. C’était il y a plus de 6 ans.

 

Comme chaque année, en Juillet, je prenais l’avion pour Paris pour y passer mes vacances d’été. 2 mois qui étaient devenus une habitude pour chacun d’entre nous, pendant lesquels on changeait d’air. Et les vacances commençaient joyeusement.

Comme chaque année, j’ai regardé mes films et séries Disney, la capitale. J’ai changé d’air. Mais. « Maman, j’ai soif ». « Si je te redonne de l’eau, tu voudras aller aux toilettes dans 30 minutes ». « J’ai la bouche sèche, me faut de l’eau ». Ou encore : « Tu manges des Kinder à longueur de journée, et tu maigris ? » (J’mangeais des BN, mais surtout des Kinder). Les jours avancaient et la soif était mise sur le dos de la chaleur (car oui, c’était l’été 2002, été de canicule). Le fait que je maigrisse était…bizzare quoique, ce n’était pas si grave. Mais. C’était il y a 6 ans, maintenant. « Hocine, Hocine, réveille toi. Hocine, le médecin a appellé. Tu es diabétique, et on va à l’hopital là. Ne t’inquiète pas. Tout va bien se passer. »

Arrivés à l’hopital pour enfants, 8 personnes se sont occupées de moi, dans l’urgence. Le gaz anésthésiant. Puis, 2 injections dans chaque bras. Une nuit aux urgences. 20 Aout 2002.

« Et ça part en combien de temps le diabète ? »

« C’est à vie »

 « Ca se guérit comment ? »

« Ca ne se guérit pas, ca se soigne. On devra te piquer de l’insuline. »

« Une fois par mois ? »

« 4 fois par jour »

 

Transféré au service de diabétologie, mes perfusions m’ont été retirées et c’est là que j’ai pu avoir ma première injection d’insuline. Les jours passèrent et Zeina, médecin, m’a appris que je devrais rester une quinzaine de jours à l’hopital histoire qu’ils fassent des trucs de médecins pendant que moi, jdevais regarder la TV, ou mieux, jouer avec l’animatrice et les autres.

Les autres, simplement 15 autres enfants devenus diabétiques et que Zeina devait remettre sur pied. Avec l’animatrice, on descendait au sous-sol où étaient les autres enfants, d’autres services, pour jouer. Et là, j’ai pu faire quelques connaissances. La fille sans cheveux était du service oncologie, et elle était nulle à l’Othello. Son visage stoique, son regard perçant. Elle m’expliquait clairement qu’elle allait mourir très bientôt. La chimio n’avait pas eu l’effet attendu. Elle était plutôt âgée et me racontait sa vie. Celui avec du sang qui lui rentrait dans le bras droit était du service ORL, et il me bâtait tout le temps à l’Uno. Il est sorti guéri de son kyste 10 jours avant moi. 20 jours plus tard, je sortais de cet hôpital.

Une alimentation au départ contrôlée, un sport limité, un chiffre à surveiller en permanence, comme si c’était une question de vie ou de mort, parce que c’est une question de vie ou de mort.

J’ai appris à contrôler, à me piquer, à savoir quoi piquer, quand piquer, comment réagir. Le tout les premiers mois qui ont suivi mon admission à l’hôpital. Et je ne serai jamais pilote d’avion.

Puis, le temps passe. Les événements se succèdent. 4 comas. Mais aussi, un collège. Un début de lycée. Une adolescence normale, mais avec toujours et encore des piqures, des malaises.

 

Le diabète m’a surement appris à voir la vie différemment, à voir les gens différemment.

Les gens rationnalisent. Pour se sentir bien, ils se mentent à eux-mêmes. Ainsi, certains continuent de croire que le diabète, ca n’arrive qu’à ceux qui mangent trop de sucre, que finalement, c’est quelques piqures et ça ne fait pas mal. D’autres pensent simplement que ca n’arrive qu’aux autres, ou pour se dire que ce n’est pas grave ont un raisonnement inversé sur la question. « Le diabète ? Roh, il a de la chance. Il est encore en vie ! ». D’autres pensent que le tout-puissant donne des maladies pour 2 raisons. Montrer qu’il est en rogne. Ou pour rendre service. Oui, j’ai vu des gens qui m’ont dit qu’il y avait forcément du positif. D’autres m’ont dit que c’est parce qu’il y a trop de guerres dans le monde et que Dieu se déchaine.

Ceux qui ne rationnalisent pas prient. Bien du monde m’a raconté qu’il prierait pour que la maladie s’estompe. Si ca marchait, ca se saurait. C’est un peu comme couper la main à quelqu’un et prier pour qu’elle repousse. Bref, je disais « merci » et je rigolais un ptit coup.

Ceux qui ne prient pas ont pitié. Et cela, je pense que c’est mes préférés. A titre d’exemple, j’ai rencontré dans mon avion en direction de Grèce une dame d’une quarantaine d’années. Celle-ci agissait comme une dame que l’on ne connait pas, assise à coté de vous dans un avion. « Bonjour ». Puis, rien. A l’heure du repas, je sors de mon sac mon attirail médical et sors de mon doigt une goutte de sang. La dame commence à paniquer, à pleurer presque. Elle me cède son repas, son Coca et son mars, et commence à parler à ma mère comme à celle d’un mourant. Les gens sont gentils avec les handicapés parce que la société veut ça, parce que c’est bien, parce qu’ils se sentent moins coupables après. Cette dame a surement eu l’impression de m’aider en me donnant ses pâtes congelées. Elle a fait ça par amour de son prochain, quoi.

Ceux qui n’ont pas pitié en rigolent.

 

Après tout, ces comportements sont simplement humains. Bref. Il n’y a pas de morale spécifique à tirer de cette histoire. On ne sait pas ce que la vie nous réserve, et il faut vivre le moment présent. A fond. Sinon, à vous de voir ce que ces écrits vous évoquent et ce qu’il faut en conclure. Tant que vous ne concluez pas que je ne suis pas heureux ou mâaal dans ma peau ou que les gens pas malades sont forcément heureux, ou se doivent de l’être, ce qui est faux, ça va.

 

C’était du temps où l’on mangeait des BN à 10h, du temps où des gamins assumaient des choses qu’ils ne devraient pas connaitre, du temps où des enfants apprenaient que la vie, ce n’est le pays magique de la fée Clochette.

 

Hocine.

02.08.2008

"Parmi toutes les variétés de l'intelligence découvertes jusqu'à présent, l'instinct est, de toutes, la plus intelligente." Buzz l'Eclair

C'etait du temps où quand il n'y avait plus de BN, on mangeait des Dinausorus.

Je tombais facilement malade; Rien de grave des otites, des bronchites, des larhyngites...Je me rappelle que mes parents me réveillaient pendant la nuit. Enfin d'après maman c'est moi qui les réveillaient. Je devais avoir une toux si impressionnante qu'on pû me prendre pour la dame au camélia, kof ! kof ! kof ! Pendant ce temps mes deux frangines pionçaient bien tranquillement l'une sous son poster des "Hanson", l'autre avec sa peluche Martin-le-mouton (qui vivaient ses dernières heures mais nous en reparlerons dans une autre note).

Donc je me réveillais le teint cadavérique, les yeux exorbités, la voix caverneuse. A mon avis, je n'étais pas à mon avantage. Je me traînais dans les escaliers avec mes airs de petite tuberculeuse pour aller subir : les inhalations !

Je vous explique le principe. En gros maman sortait tous les récipients qu'elle trouvait : la marmite pour faire cuire les pâtes, la casserole pour faire chauffer le lait, le saladier pour la salade, le casserole pour faire fondre le chocolat...et papa les remplissaient d'eau bouillante. 

Je m'agenouillais sur une chaise de la cuisine et je respirais les vapeurs dégagées par l'eau bouillante. Papa et Maman en robe de chambre, moi dans mon pyjama verbaudet. Ça fait mal au dos de se pencher pour respirer ces vapeurs ardentes. J'avais le visage tout rouge, mes cheveux qui me tombait devant les yeux. Ces derniers aveuglés par la fumée. C'est joli les volutes, on dirait des dragons ! Tiens maman a une planche à voile sur l'epaule, Mcgiver essaie d'escalader la casserole des pâtes, qu'est ce qu'il est fort ! Pourquoi papa joue aux fléchettes avec Aladdin ? Et au fond de la casserole pour le lait je vois le bracelet que m'avait acheté maman et que j'avais perdu !!     

Au bout d'un moment l'eau ne fumait plus, moi si. J'avais plongé ma menotte dans l'eau bouillante pour retirer le bracelet créé par mon délire fièvreux. Je ne toussais plus, mes parents était rassurés. Je pense que mon appareil respiratoire avait été totalement carbonisé. Mais à 6 ans on ne peux pas dire ça. Je ne me plaignais plus. J'étais brûlante.

Papa et Maman, à eux deux 14 ans de médecine, ont plongé ma main dans l'eau froide.

Ça fait "pshitt" c'est rigolo mais ça fait mal aussi.

Comme je vais pouvoir me la jouer à l'école quand je dirai que j'ai uNe rhinopharyngite et en plus une brûlure au second degré !

Jeanne

27.04.2008

Du temps où j'allais chez Papi et Balbine le mercredi midi

       Chaque mercredi midi, on mangeait chez « Papi et Balbine », mes grands parents maternels. Il y avait mon oncle « Nene », ma tante « Nena » (pour savoir ce que ça veut dire chercher sur Lexilogos espagnol), mes parents, mes frangines et toute une tripotée de mes cousins cousines. Ca devait un joli jour de juin. Le soleil, la chaleur tout était réuni pour qu’ une bande de gamins moyens s’amuse à des jeux fatigants et parfois dangereux.

Dans la cour de la petite maison de mes grands parents il y’avait une espèce de grande pergola en métal qui sert à faire grimper le lierre. Le jeu d’aujourd’hui était de monter le plus haut possible sur la pergola.

Moi, j’avais 6 ans, les genoux cagneux, les rondeurs de l’enfance, les cheveux blonds et bouclés. J’étais intrépide à cet âge enfin je préférais lire Ratus ou regarder « C’est pas sorcier » plutôt que faire du vélo. Tout le monde grimpait et comme je voulais pas être « une poule mouillée » je débutai mon ascension moi et mes baskets à scratchs. J’avais un peu de mal, c’était dur de s’accrocher aux barreaux de la pergola rouge et les branches fines du Lierre n’étaient pas assez solides pour s’accrocher.

Soudain, je sais pas si je me suis retourné ou alors j’ai voulu regarder ma cousine Justine qui était tout en haut ou encore j’ai raté un barreau. Peu importe la cause : je suis tombé et je me suis maravée la tête. Peut être contre la bordure ou directement sur le sol, je me souviens plus vraiment.

Je pleurais beaucoup, je me souviens être assise sur la table de la cuisine, beuglant à la mort, toute la famille autour de moi, sortant des glaçons brûlants du frigo, me les plaquant contre le front désormais bosselé. Et puis ensuite papa ou alors maman m’a fait un long bandage. Je l’ai gardé plusieurs semaines. J’étais super fière d’aller à l’école en ayant l’air d’un prisonnier de guerre. Depuis j’ai toujours ma petite bosse sur le front. Elle a bien diminuée depuis mais papa m’a dit que je la garderai toute ma vie. Elle se voit quand je lève les sourcils ou quand je les fronce, quand je pleure, quand je m’énerve.

Les mercredis se sont espacés avec le temps et puis mes grands-parents sont morts, on a vendu la maison. Je suis repassé devant cette après-midi. Les nouveaux propriétaires ont enlevé la pergola, après tout c’est peut-être mieux comme ça.

 

Jeanne

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25.04.2008

Du temps où l'on mangeait des BN à 10h

C’était du temps où on se couchait à 20h30 pour aller à l’école. Le temps où on avait du temps pour regarder Fred et Jamy à la télé. C’était du temps où Saddam Hussein était encore vivant. C’était du temps où Jeanne avait les cheveux longs ou elle courait partout. C’était du temps où l’on perdait notre temps à jouer aux Pollypocket, aux Barbie et aux petites voitures. C’était du temps où Lucie avait des genoux pleins de croûtes et de bleus. C’était du temps où Jeanne préférait lire Ratus que Racine. C’était du temps où on carburait aux Princes, aux Kinder et aux petits beurres. C’était du temps où le Kosovo était en guerre C’était du temps où on ignorait l’existence des dosages conductimétriques. C’était du temps où on avit encore la chance de s’ennuyer. C’était du temps de la peau douce. C’était du temps où on prenait les menus enfants. C’était du temps où les radios chantaient « Partir un jouour sans retououor ! » C’était du temps où on se retenait de dormir pour essayer de voir la petite souris. C’était du temps où on pouvait se balader torse nu sur la plage. C’était du temps où c’était pas bien compliqué de se trouver un fiancé. C’était du temps où on se faisait notre collection Diddl C’était du temps où Jeanne ne comprenais pas tout dans le journal de son papa avec le titre écrit en rouge et blanc. C’était du temps où Lucie arrachait les ailes des mouches sans se sentir complètement jetée. C’était du temps où on mangeait des BN à 10h.

 

 

C’est pour tous ces charmants, drôles, ridicules, triste, mignons souvenirs que s’ouvre la nouvelle rubrique intitulée « Du temps où l'on mangeait des BN à 10h »