13.04.2009
Du temps où je ne savais pas ce qu’était un ester et je ne m’en portais pas plus mal
Du temps où on allait chercher les chocolats dans le jardin. Il y a des traditions quasi inaltérables chez moi. Les bonbons dans le bol le matin de notre anniversaire, l’écoute de Thomas Legrand dans la voiture le matin, le bisou du soir et celui du matin…
Levées plus tôt que d’habitude, Anna, Alice et moi, nous dépêchons de nous laver et nous habiller.
Anna regarde par la fenêtre et nous annonce la bonne nouvelle. Il n’a plu que hier soir. Peut-être échapperons nous aux limaces. Elle enfile son jean et sa veste,la même que dans « Hartley cœur à vif », nous sommes à la fin des années 90. Alice blonde et bouclée lasse ses Atémi. Mes cheveux qui commencent à me paraître bien trop long réclame une natte à ma maman. On ressemble à trois lutins
Maman nous distribue à chacune un panier. J’ai le plus petit, je râle. Anna, en soupirant me donne le sien. A l’entrée de la maison, c’est comme une ligne de départ de course. Mais moi, j’aime pas les courses, je me fais toujours doubler par Damien à l’école.
La chasse au trésor c’est mieux. Alors je me dis que je suis comme les pirates, j’ai un faible pour les pirates.
Dehors, le soleil brille doucement. Il y a encore un tout petit peu de brume, mais il fait bon et c’est très joli. Pierre-Henry prendrait de belles photos. Mais je ne le connais pas encore.
Ca y est on sort ! Juste pour embêter Alice, je la suis. Evidemment, elle réagit et me dit que je ferais mieux d’aller chercher ailleurs.
Je l’écoute, je cherche dans le grand arbre. Je chante haut et fort Où sont mes petits souliers ?
Quelqu'un mes les a volés ! J’lai avais mis au fond du placaaaaard !... » Il me faudrait un instrument de musique mais pas un trop grand. Ho j’y réfléchirai plus tard…
Je trouve une coccinelle en chocolat. Fière de ma découverte je poursuis et regarde dans tous les interstices du vieux mur qui nous sépare de la rue. J’ai mes yeux pleins de paillettes et de gourmandise quand j’aperçois des reflets dorés sur une pierre. Six petits œufs sont posés là.
Tiens Anna passe par là, elle me montre son panier. Oh ! Elle a trouvé son œuf Kinder. Un gros œuf Kinder, méga, giga, ceux que l’on met une semaine à manger avec une surprise dedans. Alice s’écrie « moi aussi je l’ai trouvé ! »
Il ne reste plus que le mien. La honte.
J’ai trouvé moins d’œufs, et toujours pas mon œuf Kinder, les limaces ont déjà dû le manger !
Je cherche partout, surtout ne pas demander d’indice à maman, j’ai une fierté.
Où bien peut-êêêêtre au fond du tirouar !
Et là je réfléchis, que ferait Pepper Ann à ma place ? Elle regarderait dans le garage ! Je suis la plus petite, maman a sûrement dû cacher mon œuf à mon échelle. Je soulève des planches en bois et là tel j’aperçois un merveilleux papier rouge et argent brillant. Mon œuf sous le bras, je rentre à la maison. On partage tout. On mange. J’essaie de construire la surprise, j’ai beaucoup de mal. Il y a tellement de papiers de chocolat qui brillent sur la table, qu’on croirait de l’or ! C’est un bonheur ineffable diraient certains que je ne connais pas encore.
Et puis quelques années ont passé, on a grandi.
Anna est partie
Alice et moi avons continué, puis arrêté.
Alice est partie.
Mais ce week-end Anna est rentrée. Maman s’est ruiné en cloches, lapins et autres œufs. Elle a tout planqué dans les pots de fleurs, les murets…On a eu de la chance, il n’avait pas plu. On a choisi le panier, comme avant. On s’est attendu comme avant. . J’ai mes vieilles converses et les cheveux courts. Anna n’a plus de jean grunge depuis longtemps. Alice est à Toronto sans Atémi. J’ai toujours un faible pour les pirates. Et bien entendu, j’ai toujours du mal à construire les surprises
…j’m’en souviens plus ! »
Jeanne
21:42 Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
08.04.2009
"Faudrait vraiment qu'on compte...

....Le nombre de fois qu’on entend le mot « bac »
Jeanne
17:37 Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note
30.03.2009
Ma faute à toi
Il est 01H38 et je suis sur mon ordi. Je regarde de vieilles photos, de vieux souvenirs. Je parle de vieux souvenirs pour désigner certains événements marquants de ces 3 dernières années, ils ne sont pas si vieux que ça. Sur ces photos, des personnes que je vois tous les jours. Des personnes avec qui je parle tous les jours, des personnes avec qui je ris tous les jours. Des personnes qui me manqueront.
Il est 01H41 maintenant. Et j’ai la flemme. J’ai l’impression d’être dans une folle routine, les cours m’ennuient, j’ai l’impression de perdre mon temps. J’ai la flemme et il parait que « c’est normal, c’est le printemps, une histoire de sève et tout et tout». Je pense trop à ça [quel euphémisme ça], j’y pense trop, à tort. Il reste une poignée de mois au lycée, alors autant y profiter. Et ce n’est pas le moment de penser, pas le moment de réfléchir, pas le moment de stratégiquer. Agissons, mangeons un kebab, intégrons à l’arrache f(x), rions, dansons, sautons, jouons. Je continue de faire mon épicurien. Ou plutôt, de dire qu’en théorie, il faut faire l’épicurien. « Live fast, die young », j’en avais parlé, il y a une dizaine de notes auparavant. C’est en théorie la meilleure des choses à faire. En pratique, c’est plus dur ; faire face aux autres, aux humeurs d’autrui, pas forcément joyeuse, l’obligation de travailler un examen absolument inutile. En pratique, « j’ai besoin d’aimer, je ne sais rien faire d’autre ». Et en pratique, on ne peut pas ne pas penser au moyen et au long terme, même si on devrait.
Il est 01H50 maintenant. Je ne suis pas triste, car je ne veux pas perdre du temps, ni me prendre la tête. Mais, « j’ai besoin d’aimer et c’est pas ta faute. C’est ma faute à toi »
Il est 01H54 maintenant. Et je suis bien trop fatigué. Je regarde de vieilles photos, de vieux souvenirs. Je parle de vieux souvenirs pour désigner certains événements marquants de ces 3 dernières années, ils ne sont pas si vieux que ça. Je ferai mieux de publier cette note, de fermer cet ordi, de m’endormir en ne pensant à rien. Puis je me lèverai, je prendrai le bus, je rirai avant la SVT, j’enchainerai mes 7h de cours et je ne penserai à rien. Ni à elle, ni à eux, ni au futur. Et j’improviserai au moment voulu. Parce que c’est ce qu’il y a de mieux à faire.
Vivons, en attendant « la fameuse sonnerie du mercredi 24 juin 2009 à midi ». Il y a ceux qui y pensent à cette sonnerie, et ceux qui font de leur mieux pour ne pas y penser.
Sur ces photos, des personnes que je vois tous les jours. Des personnes avec qui je parle tous les jours, des personnes avec qui je ris tous les jours. Des personnes qui me manqueront.

Hocine
02:32 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
22.03.2009
Le premier dimanche du printemps
Je crois que je suis quelqu'un de matinal. Quand j’étais encore toute petite, je me réveillais à 8h le dimanche matin, je sautais sur le lit de mes parents parce que, réveillée depuis trop longtemps je m’ennuyais ferme dans mon lit. Et puis je somnolais la tête sur le ventre de ma maman. Sur le plafond je voyais des bêtes fabuleuses, des dragons, des sorcières, des schtroumpfs !
Des fourmis dans le bras me réveillent, j’ai mon poignet sous ma joue.
Je réalise que c’est le premier dimanche du printemps.
Je me tourne sur le dos les mains sur le ventre, les fourmis disparaissent. Je respire régulièrement, tout est tranquille, chaleureux. Les rayons du soleil commencent à vouloir que j’ouvre les yeux. Ce n’est plus le même plafond que je regarde, mais j’y vois toujours, les faunes, les ogres et le marsupilami.
J’aperçois de minces filets de lumière dans ma chambre. On me mentirait si l’on me disait que c’est la diffraction. Je sais très bien que c’est parce c’est le premier dimanche du printemps.
Une odeur de café m’atteint. Je dis m’atteint parce qu’elle est si intense que j’ai l’impression de la voir, de pouvoir la toucher. Comme dans un dessin animé, des petits grains, des poussières d’odeur. Si je devais leur donner une couleur ce serait du doré, un flot doré, une tempête, un tsunami de parfums.
J’aime. Il existe peu d’odeur dont je ne me lasse pas. Des parfums aussi doux que ceux du café du dimanche.
Je me décide à me lever. Je soulève le plus délicatement la couette, je sors une jambe puis l’autre. Je n’ai pas froid. Sur la bordure de mon lit, je m’assieds et regarde mon vieux volet. Papa l’a mal réparé il laisse passer la lumière.
Presque au ralenti je me mets debout. J’ai souvent la tête qui tourne en me levant, ma chambre tourne autour de moi. Mon lit fait le tour de mes genoux.
Il ne me faut qu’un pas pour atteindre ma fenêtre.
Après réflexion, j’ouvre enfin le volet. Un flot de lumière s’empare de toute la chambre qui devient jaune, orange et dorée.
C’est le premier dimanche du printemps.
Je décide de m’asseoir sur le radiateur au bord de la fenêtre.
Je souris en me rappelant qu’un invité s’était brûlé, en s’asseyant à cet endroit, sur le radiateur chauffé pour les grands froids. J’espère simplement qu’il lui reste cette petite brûlure…Mais passons, cette affaire là, lui, c’était en hiver. C’était l’hiver.
Maintenant,
C’est le premier dimanche du printemps.
Maman a dû aller à la boulangerie avec son beau vélo rouge. Je vois d’ici la jolie boulangère demander « c’est pour votre petite les deux muffins ? ».
Quand j’étais petite justement, je faisais des bouquets de jonquilles si grands qu’on ne me voyait plus derrière. En regardant le tapis jaune dans le jardin, j’en déduis que ça fait bien longtemps que je ne cueille plus de jonquilles…
C’est fou le bruit dehors, c’est bruyant le printemps, les gazouillis des moineaux, les miaulements des chats, on entendrait presque les crocus chanter.
Ca chante sûrement un crocus…
Un reflet qui grandit dans la vitre me sort de mes méditations qui me paraissent bien dérisoires tout à coup. Je tourne les yeux vers ma couette
Tiens, bonjour toi…
Jeanne
17:00 Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note

